Dans le cadre d’un projet Erasmus+, l'ICES accueille 2 étudiantes ukrainiennes en mobilité académique ce semestre de printemps 2026.
Lors de la Semaine Internationale de l'ICES du 2 au 5 mars, elles ont partagé des éléments typiques de la culture ukrainienne (peintures, musique, photos de lieux typiques) auprès des étudiants français et internationaux.
Nous avons interviewé Zlata sur son expérience de mobilité à l'ICES à mi-parcours du semestre.
Transcript de l'entretien
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre université en Ukraine et de votre domaine d’études ?
Je m’appelle Zlata-Yaryna Matsko. Je viens de Kharkiv, qui est situé dans la région est de l’Ukraine, et j’étudie à l’Ukrainian Catholic University (UCU) à Lviv, une ville située dans la région ouest. Je suis actuellement en troisième année de licence d’histoire, avec une spécialisation dans les années 80 et 90 en Union soviétique. Mes cours sont en ukrainien et en anglais.
Qu’est-ce qui vous a motivée à postuler pour ce programme de mobilité internationale ?
Je voulais avoir une expérience d’étude en Europe de l’ouest, soit en Allemagne, soit en France, soit en Irlande. Comme j’ai déjà eu une expérience en Irlande par le passé, et que j’apprends le français depuis le lycée, j’ai décidé de donner la priorité à la France. Avant de commencer cette mobilité, j’avais un niveau A2 en français.
Mon université a plusieurs partenariats en France. Paris n’était pas disponible pour ce semestre, et je ne voulais pas aller dans le nord de la France à cause de la météo, donc j’ai choisi l’option la plus proche de la mer à La Roche-sur-Yon.
Quelles ont été vos premières impressions en arrivant sur le campus de l’ICES ?
Mon premier contact a été avec le buddy d’Anastasiia de l’association Globo, Mathilde. Quand nous sommes arrivés à La Roche-sur-Yon, il neigeait et notre résidence étudiante n’était pas accessible. Elle a été vraiment gentille en nous proposant de nous héberger pour la nuit, et elle nous a fait goûter de la brioche avec du caramel au beurre salé.
La ville et le campus ici sont beaucoup plus petits que ma ville et mon université d’origine. Mais j’étais contente de trouver un repère commun de la culture catholique (statue de Marie).
J’ai été surprise par le système de badge à l’entrée du campus, j’oublie le mien régulièrement. Dans mon université d’origine, nous avons une personne de la sécurité postée à l’entrée pour identifier les personnes suspectes.
Quelles sont les différences entre votre expérience d’apprentissage à l’ICES et celle de votre université d’origine ?
Les systèmes d’apprentissage sont totalement différents.
En Ukraine, nous devons lire des livres et des documents en autonomie avant les cours, et ensuite nous en discutons avec l’enseignant.
En France, il s’agit surtout d’écouter le professeur pendant le cours, et parfois de poser quelques questions, mais nous sommes plus passifs en cours d’histoire ou de science politique. C’est moins le cas en cours de français langue étrangère.
Ici, nous avons aussi rarement des pauses pour boire de l’eau ou aller aux toilettes.
Y a-t-il une activité qui a été particulièrement significative pour vous ici ? Pourquoi ?
J’ai rencontré beaucoup de belles personnes pendant les cours ou grâce à l’association Globo, et maintenant j’ai ce groupe d’amis que je vois régulièrement en dehors des cours ou du campus pour jouer du piano ou aller au bowling par exemple.
Comment cette expérience de mobilité universitaire à l’international a-t-elle contribué à votre développement personnel ou académique ?
Je deviens plus autonome en vivant seule dans un pays étranger, en faisant les choses par moi-même. J’avais entendu dire qu’en France personne ne veut parler anglais, mais ce n’est pas vrai, c’est un stéréotype. J’ai découvert que je n’aime pas le café ici, je préfère le café en Ukraine.
Quels aspects de la culture ukrainienne aimez-vous partager avec les autres étudiants locaux ?
J’ai été surprise que beaucoup de personnes ici ne connaissent pas bien la différence entre la culture russe et ukrainienne, et qu’ils ne soient pas très conscients de la situation actuelle dans mon pays.
La culture ukrainienne en ce moment est beaucoup liée à la guerre, cela fait partie de ma vie depuis que j’ai 7 ans parce que je vis près de la frontière russe. J’ai maintenant 19 ans. J’explique ce qui se passe à mes amis ici, et comment nous résistons en Ukraine, et je donne aussi de la visibilité sur mon pays en général parce que nous n’aimons pas être comparés aux Russes. L’Ukraine est un grand pays avec 40 millions d’habitants. J’aimerais que La Roche-sur-Yon et l’université s’engagent plus pour soutenir l’Ukraine.
Quels aspects de la vie sur le campus ou de la culture étudiante avez-vous le plus appréciés ?
Ici, c’est fréquent que les étudiants s’invitent chez les uns et les autres pour cuisiner ou jouer à des jeux en petits groupes après les cours. Je trouve cela très sympa. Nous n’avons pas cette culture en Ukraine, les étudiants ukrainiens se retrouvent généralement à l’extérieur pour faire la fête. Nous invitons plutôt des amis chez nous pour célébrer quelque chose de spécial, comme un anniversaire.
Comment décririez-vous votre expérience de mobilité internationale jusqu’à présent ?
Je suis globalement satisfaite de mon expérience ici. Mais j’aimerais être plus stimulée académiquement, avec plus d’interactions en cours. Et la ville est assez petite donc j’aimerais visiter de plus grandes villes.
En dehors de La Roche-sur-Yon, où êtes-vous allée en Vendée, en France et en Europe ?
J’ai déjà visité Paris, Marseille et Les Sables-d’Olonne. Et bientôt j’irai en Bretagne et à Barcelone.
Quel est votre endroit préféré à La Roche-sur-Yon ?
Près de ma résidence étudiante, il y a un parc avec une petite rivière et des bancs. J’y vais pour lire des livres, c’est agréable et calme.
Quel est votre mot ou phrase préféré(e) en français ?
Je viens de l’apprendre en cours de français : « il n’y en a pas ». C’est très pratique et ça sonne drôle en même temps. J’aime aussi l’expression « foufou », c’est un bon mot pour nous décrire mes amis et moi.
Zlata et Anastasiia animant le stand ukrainien à la Semaine Internationale
Anastasiia et Zlata à l'atelier macaron du séminaire d'accueil
Parc "La Vallée Verte" à La Roche-Sur-Yon
