L’ICES accueille deux étudiants polonais en mobilité académique ce semestre de printemps 2026.
L’Université Catholique de Vendée compte plusieurs universités partenaires en Pologne. Pour la première fois, elle accueille deux étudiants de l’Université de Silésie à Katowice.
Ils partagent leurs impressions sur leur expérience à La Roche-sur-Yon et à l’ICES.
Transcription de l’entretien
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre université en Pologne et de votre domaine d’études ?
Stanislaw :
Je m’appelle Stanislaw Jozef KONDERA, je suis étudiant à l’Université de Silésie à Katowice, en Pologne. Je poursuis actuellement une licence en études interdisciplinaires, avec une spécialisation en « Études Internationales de Science Politique et Diplomatie ». Mes principaux centres d’intérêt sont l’histoire, les relations internationales, le colonialisme et la politique dans la région des Balkans.
Julia :
Je m’appelle Julia RAJNYSZ, j’étudie dans la même université que Stanislaw et mon domaine d’études est également « Études Internationales de Science Politique et Diplomatie ».
Qu’est-ce qui vous a motivé à postuler à ce programme d’échange ?
Stanislaw :
J’ai décidé de venir en France parce que j’aime ce pays. La Pologne a de nombreux liens historiques avec la France. J’ai commencé à apprendre le français au lycée, en option. Notre professeure de français actuel en Pologne nous a recommandé de venir à l’ICES, car il est plus facile de créer des liens avec les Français et de comprendre leur culture dans des petites villes comme La Roche-sur-Yon. Nous sommes les premiers étudiants de notre université à venir à l’ICES.
Julia :
J’ai commencé à apprendre le français il y a deux ans à l’université, car je souhaite travailler dans la diplomatie plus tard. Ce n’est pas une langue facile, donc j’ai pensé que la meilleure façon de progresser était de venir en France et de pratiquer avec des natifs. Je ne voulais pas aller dans une grande ville comme Lille ou Bordeaux, car on y rencontre beaucoup d’internationaux, et le risque est de parler davantage anglais que français.
Quelles ont été vos premières impressions en arrivant à La Roche-sur-Yon et à l’ICES ?
Julia :
La ville est bien desservie, que ce soit en train ou par la route, même si elle se situe dans l’ouest de la France, près de la mer. Nous sommes venus en voiture depuis la Pologne ; cela nous a pris trois jours, mais nous ne le regrettons pas. Le covoiturage est considéré comme une « mobilité verte » par Erasmus+, nous avons donc reçu une aide supplémentaire. Au quotidien, la voiture est très pratique pour faire les courses. Nous allons souvent chez Lidl, car c’est une enseigne familière qui existe aussi en Pologne.
Le premier jour de notre arrivée, il neigeait. J’ai été surprise par la réaction des Français : ils avaient des difficultés à conduire et de nombreux commerces étaient fermés. Je ne m’y attendais pas, car pour nous c’est une situation très courante — il faisait -15 °C lorsque nous avons quitté la Pologne.
Sur le plan académique, j’ai été agréablement surprise par le grand nombre d’heures de cours de français (6 heures par semaine). Cela aide énormément à comprendre les étudiants et les autres cours. Cela m’a permis de gagner en confiance dans mes interactions. Les enseignants de français sont aussi très accueillants et bienveillants.
Stanislaw :
J’ai été surpris par les couleurs de la ville : même en hiver, les arbres et l’herbe étaient très verts. À L’ICES, j’ai été impressionné par la qualité de l’organisation avant notre arrivée et par l’accueil chaleureux. Certains de nos amis ont rencontré des problèmes de logement au début, mais leurs « buddies » les ont beaucoup aidés. Cela nous a montré qu’il existe des valeurs fortes dans cette université catholique privée, communes à celles de notre université et pays d’origine. Cela nous a permis de créer rapidement des liens avec les étudiants de l’ICES.
Comment compareriez-vous votre expérience d’apprentissage ici avec celle de votre université d’origine ?
Julia :
À l’ICES, nous suivons des cours dispensés par des enseignants issus de milieux professionnels variés, comme d’anciens ambassadeurs ou des parlementaires. C’est intéressant, car ils enseignent à partir de leur propre expérience, et pas seulement à partir de livres ou de travaux de recherche. Ils viennent du monde entier (États-Unis, Grèce, etc.), ce qui nous fait découvrir différents styles d’enseignement. Certains étudiants français sont surpris qu’on attende d’eux une participation active en classe, car en France ils ont plutôt l’habitude d’écouter et de prendre des notes. En Pologne, nous devons lire des ouvrages avant le cours, puis en discuter avec le professeur.
Stanislaw :
Concernant les cours de français, l’accent est mis sur les compétences pratiques et les situations de la vie quotidienne. Les aspects grammaticaux, très présents en Pologne, me manquaient. J’en ai parlé à mon professeur de français, qui s’est montrée très ouverte et a adapté le contenu de son cours pour les intégrer. J’ai beaucoup apprécié qu’elle prenne ma demande en compte.
Y a-t-il un cours, un projet ou une activité qui vous a particulièrement marqué ? Pourquoi ?
Julia :
Pour moi, c’est le cours de français avec Mme Magali PAPIN. Elle crée une atmosphère bienveillante en classe et croit vraiment en notre capacité à progresser rapidement. J’avais peur de parler français et de faire des erreurs, mais elle m’a donné la confiance dont j’avais besoin. Nous avons aussi travaillé sur le système éducatif français et réalisé un projet autour de la recherche d’un emploi saisonnier : rédaction d’un CV en français, préparation à un entretien. C’était une manière ludique d’apprendre.
Stanislaw :
J’ai beaucoup aimé le cours sur la « politique en Méditerranée orientale » dispensé par M. Michail SARLIS : il était complet et en lien avec mes centres d’intérêt.
En cours de français, nous avons abordé de nombreux sujets, notamment politiques, industriels, culturels, ainsi que les départements et territoires d’outre-mer — un thème rarement étudié en Pologne.
Sur un plan plus personnel, nous sommes très reconnaissants du soutien de Mme Aurélie PASQUIER, du service des Relations Internationales. Nous étions en contact avant notre arrivée, et c’est elle qui nous a aidés à trouver un appartement très proche du campus et qui a répondu à toutes nos questions. Grâce à elle et à l’association Globo, nous avons également pu visiter le parc du Puy du Fou à un tarif avantageux, avec toute l’organisation prise en charge. Nous n’avions plus qu’à profiter de cette expérience incroyable.
En quoi cette expérience d’échange a-t-elle contribué à votre développement personnel ou académique ?
Julia :
J’ai gagné en confiance dans la prise de parole en cours de manière générale. J’ai compris qu’il n’y a pas de mauvaise réponse. Sur le plan personnel, j’ai réalisé que je suis attachée au respect des règles : être ponctuelle, traverser au passage piéton ou au feu vert, faire la queue, etc. Les Français savent profiter de la vie : ils prennent de longues pauses déjeuner et arrivent parfois en retard en cours. J’adore la France, mais ce manque d’organisation peut parfois me frustrer.
Stanislaw :
Je suis plus strict en Pologne. Ici, à La Roche-sur-Yon, j’ai appris à être plus détendu. Les gens sourient et disent « bonjour » dans la rue. J’ai l’impression qu’il y a moins de pression pour être parfait en permanence. J’étais surpris au début, car nous avions peu de cours en dehors du français et nous ne savions pas comment organiser notre temps. Mais nous nous sommes adaptés, et maintenant nous profitons même de la plage après les cours.
Quels aspects de la vie sur le campus ou de la culture étudiante avez-vous le plus appréciés ?
Julia :
Grâce à l’association Globo et au Bureau Des Étudiants (BDE), nous avons facilement rencontré d’autres étudiants internationaux et français lors d’activités et de soirées, ce qui nous a permis de profiter pleinement de la vie étudiante.
Stanislaw :
J’ai apprécié le fait que les étudiants de l’ICES partagent des valeurs communes et soient très accueillants.
En quelques mots, comment décririez-vous votre expérience d’échange jusqu’à présent ?
Julia :
C’est la meilleure expérience de ma vie. Je pense que tout le monde devrait vivre une mobilité à l’étranger. Nous nous sommes fait des amis pour la vie, venant de différents pays. Nous avons goûté une excellente cuisine. J’ai pu sortir de ma zone de confort dans un environnement sûr et gagner en autonomie. C’était moins intimidant car nous vivons cette expérience ensemble.
Stanislaw :
C’est une excellente expérience : le niveau académique à l’ICES est très professionnel, les gens sont gentils et souriants, et le climat est agréable, avec beaucoup de soleil. Et la viande est aussi très bonne.
Quel est votre mot ou expression préféré en français ?
Julia :
« C’est la vie ».
Stanislaw :
« C’est mignon » et « chouette ».
Quels aspects de la culture polonaise aimez-vous partager avec les autres étudiants ici ?
Julia :
Nous avons été ravis de partager nos traditions catholiques. Nous avons invité nos amis sud-coréen et hongrois à un brunch traditionnel pour Pâques. Nous étions fiers de faire découvrir notre culture.
Stanislaw :
À notre arrivée, nous avons été confrontés à certains stéréotypes de la part de nos voisins : ils pensaient qu’il n’y avait pas d’électricité dans les campagnes en Pologne, que les rues des villes étaient dangereuses ou encore que nous parlions russe comme langue principale. Nous expliquons que la Pologne est un pays développé et moderne, et nous partageons notre réalité ainsi que des éléments de notre histoire. Cette expérience en France nous a peut-être rendus un peu plus fiers de notre pays, tout en veillant à bien nous intégrer partout où nous allons.
Quel est votre lieu préféré à La Roche-sur-Yon ?
Julia :
La bibliothèque de l’ICES, où je passe beaucoup de temps à étudier. Mais j’aime aussi beaucoup Les Sables-d’Olonne pour profiter de la plage.
Stanislaw :
À La Roche-sur-Yon, j’aime me promener dans le parc de la Vallée Verte, près de la rivière Yon. C’est ensoleillé, et il y a des bancs pour lire. J’aime aussi le château des Oudairies. Et comme Julia, j’apprécie beaucoup Les Sables-d’Olonne.
En dehors de La Roche-sur-Yon, où êtes-vous allés en Vendée, en France et en Europe ?
Julia :
Nous avons visité de nombreux endroits en France : Les Sables-d’Olonne, Nantes, La Rochelle, Bordeaux, Arcachon, la dune du Pilat, Bayonne, Hendaye. Nous sommes aussi allés à Saint-Sébastien en Espagne, et deux fois au Maroc : à Marrakech, à Casablanca, à Rabat et dans les montagnes de l’Atlas.
Stanislaw :
Après avoir découvert le sud-ouest de la France, nous aimerions explorer davantage le nord-ouest : Angers, la Normandie et le Mont-Saint-Michel, ainsi que la Bretagne.
Que diriez-vous aux étudiants internationaux qui envisagent de venir à l’ICES ?
Stanislaw :
Avant de venir, j’avais lu des articles de presse qui donnaient une image conservatrice de l’ICES, ce qui m’inquiétait un peu. En réalité, ce n’est pas du tout le cas : les gens sont ouverts et accueillants. Si j’ai l’opportunité de revenir pour mon master, je serais très heureux d’y étudier à nouveau.
Julia :
N’hésitez pas une seconde et venez étudier à l’ICES ! Les cours sont intéressants, on rencontre des personnes formidables et la Vendée est une région magnifique. C’est un endroit idéal pour échanger facilement avec les Français, bien plus que les grandes villes, et un excellent point de départ pour découvrir le pays.
